La zone de santé urbano-rurale de Mont Ngafula I à Kinshasa (RD Congo), les Religieux de Saint Vincent de Paul, le Collectif des ONG et Mouvements de la jeunesse féminine (Cojef), l’ONG Dont’Cry et le mouvement « Défense de l’enfant International » ont convenu d’instituer un cadre de concertation-actions pour une meilleure protection de l’enfant et de la fille en situation difficile.

Au terme dune journée de réflexion et de partage organisée le samedi 29 août 2015 à la paroisse sainte Rita ( Commune de Mont Ngafula) et ce, en présence de deux représentantes de l’ONG Américaine » National Democratic Institute ( NDI), ils ont pris cette décision sur recommandation des enfants parents identifiés.

Vulgariser intensément les lois relatives aux droits de l’enfant

Cette activité marque la troisième étape de la campagne contre les mariages et grossesses avant 18 ans que mènent Cojef et Dont’Cry au titre de contribution aux efforts que déploient le gouvernement et l’Unicef pour le respect des droits fondamentaux de l’enfant et la petite fille en RDC.

La démarche s’inscrit essentiellement dans l’élaboration d’un plan d’action de lutte contre cette pire forme de violences sexuelles et violences basées sur le genre.

Comme celle de Ste Rita, les deux premières étapes organisées à Mitendi dans la zone de santé de Mont Ngafula II ont mis à nu l’inefficacité dans l’application de la loi portant protection de l’enfant en vigueur depuis 2009.

Cette recommandation revient porte sur la vulgarisation des cadres légaux relatifs aux droits de l’enfant avec d’autres supports imagés eu égard au taux élevé de l’analphabétisme et d’abandon scolaire dans cette partie de la ville de Kinshasa.

Les interventions de Mme Hélène Umba (présidente de la section RDC du mouvement DEI), de M.Grégoire Kiabundwa (animateur communautaire de la zone de santé urbano-rurale du Mont Ngafula I) et de Mamie Kanku Ntoto (promotrice de l’ONG Dont’ Cry) ont toutes été appuyées par des témoignages poignants et des expériences personnelles auprès des enfants en situation difficile.

Ces enfants sont des orphelins, des abandonnés pour des raisons diverses notamment l’accusation de sorcellerie et des victimes de la précarité des conditions d’existence des génitrices pour la plupart filles-mères précoces ( 13-18 ans). Les exposés des uns et des autres ont relevé la responsabilité partagée de tous les acteurs sensés être impliqués dans la protection de l’enfant.

D’où, l’appel à la responsabilité lancé par Mme Mamie Kanku Ntoto en direction des décideurs, des parents, des organisations de la société civile, des églises et des filles-mères qu’elle a exhortés à la participation aux formations et aux initiatives de survie en leur faveur.

Mme Hélène Umba a fait connaitre les différents instruments juridiques nationaux et internationaux en faveur de l’enfant : Convention relative aux droits de l’enfant, Charte du bien-être de l’enfant, Déclaration de Beijing+20, Constitution du 18 février 2006, Loi portant protection de l’enfant, etc.

Elle a plaidé pour leur vulgarisation dans le cadre d’une synergie communale à mettre en œuvre (Cadre de concertation- Protection de l’enfant en situation difficile).

« La promotion de la santé maternelle et infantile, a souligné l’animateur communautaire Grégoire Kiabundwa, passe aussi bien par une bonne planification familiale, l’éducation sexuelle et de santé reproductive des jeunes, des adolescents que par une bonne nutrition à travers notamment un mécanisme approprié de prise en charge systématique ».

Promouvoir le principe de « Commune humanité »

« Selon l’histoire de salut, la gloire et la joie de Dieu, c’est l’Homme vivant en droits et en dignité, débarrassé de tout stéréotype négatif et discriminatoire, caricaturé par notre société où la fracture sociale est fort manifeste », a dit dans son exhortation axée sur l’évangile de Jean 10, 10, le Père Patience Mpayembe, prêtre de la congrégation des Religieux de St Vincent de Paul et Recteur de l’Institut Technique Professionnelle et Industrielle (ITIP).

Il a préconisé une insertion sociale des enfants-parents dans un monde plus humanisé où « tous sont égaux devant Dieu et devant les lois temporelles ». Ce qui fera de chacun et de chacune, des ambassadeurs du Christ qui est venu pour donner la vie en surabondance.

Encourageant l’initiative du Cojef, qui va à la rencontre des démunis pour les réveiller en leur donnant l’information et la formation voulues sur leurs droits à la santé, à l’éducation, à la nourriture, le Père Patience Mpayembe a exprimé la disponibilité de son institution à collaborer dans cette action.

Un centre Intégré d’alphabétisation et d’apprentissage professionnel

Capitalisant les préoccupations soulevées lors des trois étapes de la campagne, la Secrétaire générale du Cojef, Mlle Valentine Kosanga, a annoncé l’ouverture imminente d’un centre intégré de rattrapage scolaire, d’alphabétisation et d’apprentissage professionnel bien fonctionnel comme réponse aux besoins des enfants parents en déperdition scolaire et qui subissent les violences et violations de leurs droits.

« Ce centre, a-t-elle indiqué, pourra démarrer avec les 120 filles-mères précoces identifiées et leurs progénitures de 0 à 5 ans. Il va « informer et former les concernés sur leurs droits et devoirs, l’alphabétisation, l’éducation à la citoyenneté et sur l’apprentissage professionnelle ( couture, coiffure, restauration, la micro-entreprise ».

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Categories: la_une, Mariage

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